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était si mal à son aise depuis cinq ou six heures, que l'épinette, c'est toujours Grimarest qui parle, en avait contracté une mau­vaise odeur. ».
Ce petit Raisin s'appelait Jean-Baptiste-Siret Raisin, il était né en 165e et devint plus tard l'un des meilleurs acteurs de la Co­médie-Française, où il débuta en 1679. Il est mort le 5 septembre 1693.
(Dictionnaire portatif des Théâtres, par dcLcris, XIX, 512. •— -Emile Dcschanel, Ia Vie des comédiens, 169.)
R AMPONEAUX (Jean), cabaretier fameux et maître du Tambour royal, taverne très-fréquentée de Belleville. Sa .bonne humeur, sa gaîté, son esprit lui attiraient une clientèle nombreuse, et bientôt il devint à la mode d'aller chez Rampo­neaux. On ne parla plus que de lui-,, et les vêtements furent à la Ramponeaux. Désireux d'exploiter à son profit cette célébrité passagère, un directeur de spectacle forain, Pierre-Claude Gourliez, dit Gaudon, proposa en 1760 au cabaretier de l'engager dans sa troupe et lui offrit 200 livres d'arrhes. Ramponeaux accepta, mais au dernier moment il se dédit et refusa d'exécuter les conventions stipulées. De là un procès moitié sérieux, moitié comique, dont Paris s'amusa beaucoup, L'avocat Élie de Beaumont prit fait et cause pour le directeur du spectacle, Coqueley de Chaussepierre et Voltaire défendirent le cabaretier. Si Ramponeaux refusa d'en­trer chez Gaudon, ce ne fut pas, comme le dit l'auteur de la Hen­riade dans son Plaidoyer, par scrupule de piété, mais vraisembla­blement parce que l'engagement que lui offrait le saltimbanque n'était pas assez élevé à son gré, et en effet on est porté à le croire, puisque le maître du Tambour Royal s'engagea peti après à l'O­péra-Comique et y parut à la foire Saint-Germain dans le rôle d''Anselme, des Pèlerins de la Courtille, parodie de l'opéra de Rameau les Paladins, par Lemonnier. Le succès de curiosité qu'obtint cette exhibition dura quelque temps, puis Ramponeaux